🗨️ Prologue 💭
(je raconte un peu ma vie mais je me dis que ça doit peut-être saouler certains donc si vous voulez sauter de la lecture... rdv plus bas)
L'arrivée en Colombie, c'était un peu particulier. Changement de pays, transition nécessaire (pour moi), arrivée de mes sœurs le lendemain de ma propre arrivée (c'est qu'on s'était bien coordonnées ! et que j'étais super excitée à l'idée de les revoir), arrivée dans une GROSSE ville et capitale : Bogotá... On essaye de me piquer mon téléphone dans le bus entre l'aéroport et le logement réservé, je m'en suis rendue compte je-ne-sais-comment en voulant prendre un peu plus d'espace après une grosse descente de gens à un arrêt (ça m'a fait une belle piqure de rappel après une baisse de vigilance suite au Guatemala). Arrivée au pied du logement (un petit appart dans la Candelaria pour se retrouver en toute autonomie avec les frangines), je galère quand même un peu à joindre le contact de la réservation. Tout ça, pour me faire entendre - en espagnol et après avoir attendu plus d'une demi-heure toute seule, au pied du logement, dans un quartier populaire - que je ne devais arriver que le lendemain !... "Non, non"... Il s'avère que Monsieur a mis son logement sur différentes plateformes de location et que celui-ci a été réservé deux fois aux mêmes dates et que les infos ne se sont pas synchronisées... Puis comme les autres personnes avaient réglé en ligne, je n'étais pas prioritaire sur la résa, je pouvais rester là cette nuit mais pas au-delà 🤬 La petite dame qui gère les clés (la voisine du dessous) vient tout de même m'ouvrir et me fait monter au-dit logement réservé. Elle voit bien que je suis à bout de nerfs (puis j'avais passé la nuit à l'aéroport, autant dire que je n'avais pas dormi et ce, depuis plusieurs jours) et m'invite au calme. "On va arranger ça". Je lui montre la confirmation de réservation, qu'elle confirme par ricochet au téléphone à Monsieur son voisin, je lui explique en stress et en espagnol que mes sœurs arrivent seulement le lendemain que c'est pour ça que je suis seule mais qu'on a réservé pour 3 et "comment je vais faire pour trouver quelque chose dans mes prix pour le lendemain ?!". Bref, je reste quand même dans l'appart, la voisine m'accompagne pour aller faire quelques courses dans le quartier (au départ, j'ai cru à un élan de solidarité, quoique ça aurait pu aussi, mais j'ai su le lendemain - quand elle a insisté lourdement pour m'accompagner jusqu'au bus - que le quartier était complètement craignos 😱). La voisine me laisse, elle me suggère de monter sur la terrasse à la nuit tombée et me dit que Madame va passer plus tard pour me trouver un hébergement dans le coin et dans mes prix... J'attends...
En fait, la soirée, je la passe avec Bertrand... via WhatsApp... Bertrand, c'est le fils de la voisine de ma sœur, que je ne connais de nulle part, qui habite au Canada, qui est marié à une colombienne et qui a vécu quelques années en Colombie. Je lui raconte mes aventures à peine les pieds posés sur le sol colombien, s'en suivent des échanges et des recherches de part et d'autre pour un nouveau logement dans un autre quartier parce qu'il estime qu'on ne peut pas rester là, trop dangereux. Je réajuste les propositions hors de prix qu'il me fait, on trouve un compromis et il valide une auberge dans le quartier de Usaquen. Madame n'est toujours pas passée... sans commentaire... je vais me coucher épuisée. Madame est en fait passée à 22h... pourquoi n'ai-je pas ouvert ?! Je pars le lendemain sans payer, changement de quartier.
Le rendez-vous avec les frangines arrivent enfin. Pendant que j'attends de l'autre côté du grand mur de verre, elles passent un temps infini à faire la queue à la migration. Les retrouvailles se font dans une effusion de joie, on va pouvoir enfin faire des plans d'itinéraires pour découvrir la Colombie entre les échanges de nouvelles tout azimut.
👁️🗨️ Bogotá & environs
On commence par visiter Bogotá, comme on y est... Ça nous laisse le temps de décider ce qu'on fait après, de s’acclimater au changement d'horaires, d'altitude, de climat...
🎯Balade dans la ville : le centre
🎯Visite du musée Botero avec des œuvres de Botero et de ses contemporains (gratuit, à la demande de l’artiste pour que l'art soit accessible à tous)
🎯Free walking tour de la ville avec la belle Paola (en espagnol), riche d'infos historiques, culturelles, gastro, etc...
🎯Dégustation de la "gastronomie" locale
🎯Tour à la laguna de Guatavita et la légende d'El Dorado
🎯Tour à la Catedral de Sel de Zipaquira
🎯Ascension de Montserrate, la montagne de Bogotá
👁️🗨️ Direction Cartagena de las Indias, tout au nord, on est attendues à Palenque pour le nouvel an !
Justine, quand on a discuté de la Colombie, elle m'a dit "c'est à Palenque qu'il faut passer le Nouvel An, j'ai un contact à Palenque, je l'appelle ?" Oui ! Justine m'a mise en contact avec Lizandro de Palenque qui nous attendait "les bras ouverts" (m'a-t-il dit par message auquel je ne comprenais pas tout tellement son accent était prononcé !)
Après juste une nuit à Carthagène dans un hôtel tout proche du terminal de bus (où on nous déconseille vivement de se balader seul, de sortir le téléphone en pleine rue et de se faire escorter pour les 100m qui séparent l'hôtel du terminal... histoire de nous détendre...), on prend un bus ultra local pour Palenque le 31 décembre avec un petit sac à dos chacune pour 1 ou 2 nuits, s'en suit un petit bout de chemin en taxi moto pour arriver au village, un peu enclavé dans la montagne.
Au village, je demande après Lizandro que je croyais hyper populaire, on met quand même un moment avant de trouver quelqu'un qui nous amène chez lui, faute d'arriver à le joindre. Chez lui, c'est son petit-fils qui nous accueille - Juan Carlos - mais qui n'a pas bien l'air au courant de notre venue... Il appelle son pote français - Gilles - pour faire la traduction, ça sent le plan touristique payant...
Bref, c'est un peu ça, Lizandro arrive canette à la main avec son accent à couper au couteau, rien d'organiser par rapport à notre venue, ils ficellent un truc entre eux qu'on a dû mal à refuser (Lizandro, Juan Carlos et Gilles) : on se fait héberger chez un pote hôtelier ("parce que ce sera plus confortable que chez l'habitant"), Juan Carlos va prendre une douche et se changer (comme s'il prenait enfin la posture de guide), on nous programme un tour culturel du village en fin de journée, ils flippent un peu quand je leur demande si on peut retirer de l'argent quelque part parce qu'on risque d'être un peu juste (nous, on avait pris très peu d'argent...). Bref, nous voilà installées dans la chambre la moins chère avec un filet d'eau en guise de douche et de la clim' !, avant d'aller déjeuner au restau parce qu'ils l'ont inclus dans le tour culturel...
Palenque de San Basilio est très riche en histoire et en culture, le village est d'ailleurs inscrit au patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO depuis 2005. Palenque de San Basilio est le seul village qui a survécu dans le temps, mais un palenque désignait un village fortifié constitué par des esclaves noirs en fuite dans les montagnes cherchant à être libres au XVIIème siècle. Ils vivaient alors en toute autonomie et en liberté avec leurs us et coutumes (notamment le lumbalú, rite funéraire dont on nous a parlé plus spécifiquement). Les palenqueros, habitants de Palenque, sont les descendants directs des esclaves noirs venus d'Afrique, ils ont d'ailleurs dans leur dialecte créole des mots portugais (puisqu'ils venaient aussi des anciennes colonies africaines portugaises), en plus du mix base lexicale espagnole et caractéristiques grammaticales des langues bantoues autochtones. Un petit bout d'Afrique en plein Amérique du Sud. Super intéressant la petite balade avec Juan Carlos.
On passe aussi par l'atelier de Gilles (le pote français qui était préposé à la traduction) qui est artiste. Nous, on n'a absolument pas les moyens d'acheter ses œuvres... Mais chouette qu'il partage son aventure colombienne avec nous et son travail d'artiste. Puis, il a une telle connexion et émotion quand il évoque Palenque que s'en est touchant !
On est quand même le 31 décembre, nous voilà parties pour une balade dans le village. De la musique dans chaque recoin avec un niveau sonore à rendre sourd les plus vaillants (perso, je pense que j'ai perdu en audition) , c'est à celui qui a la sono qui donne le plus (et ça n'était pas toujours de top qualité sonore), on s'est mêlées aux locaux pour danser, on faisait partie des rares touristes présents, ça nous a valu quelques interpellations, par les femmes surtout... c'était drôle, convivial et divertissant. On finit par aller se coucher en se le disant par des gestes parce qu'on ne s'entend même plus parler en fin de soirée, telle était la saturation auditive !
On repart le 1er janvier pour Carthagène, pas les moyens de rester plus longtemps ! On recroise Lizandro avant de partir, canette à la main quelque soit l'heure, qui nous appelle des taxis motos pour qu'on puisse reprendre le bus au niveau de la route principale.
👁️🗨️ Cartagena de las Indias
A Carthagène, on change de quartier pour l'hébergement et complètement d'ambiance avec la ville, on nous a vivement conseillé Getsemani, le quartier des touristes, qui est en effet plein de touristes !!
🎯 Getsemani
🎯 Muraux
🎯 Centre historique, muraille et la tour de l'horloge
🎯Musée
🎯 Danse
💃 Cumbia
💃 Mapalé (je crois que j'ai trouvé un nouveau sport 😅)
🎯 Animations nocturnes
Non, Mickaël n'est pas mort !
🎯 Illuminations de Noël (ils ont mis le paquet !)
👁️🗨️ Après Cartagena, on part vers l'Est en longeant la côte pour se rapprocher du parc Tayrona
🎯Chez l'improbable Juan
On avait pris un logement bien noté sur booking, mais c'était assez improbable comme lieu, sans compter la pluie qui a ajouté à l'état de désolation... Un site avec plein de potentiel, une réelle démarche éthique, une volonté de transmettre de manière pédagogique, mais un lieu qui a été laissé finalement "dans son jus", mal entretenu, etc... Atypique ! On est resté les 3 nuits réservés puis on a changé de crèmerie... Ce n'était plus possible pour aucune de nous 3 de rester là...
🎯Kogui ?!
On s'est quand même demandé s'ils n'étaient pas originaires de la communauté Kogui ou autre communauté de la Sierra Nevada, notamment la fille de Juan qui était habillée de manière très traditionnelle avec son bébé en portage...
🎯Bonda
On a quand même fait une petite rando dans les alentours, jusqu'au village de Bonda, on a juste eux le temps de manger avant une belle pluie tropicale.
Dégustation de tamales
🎯Puis on a changé d'hébergement, on s'est rapproché du parc et on s'est baladé dans le coin (m'enfin, on a essayé, mais c'était surtout une grande route principale très fréquentée par des voitures, motos, camions, bus et des propriétés privés tout le long).
Juan nous avait bien proposé de garder nos sacs pendant qu'on visitait le parc mais on prétextait je-ne-sais-plus-quoi pour éviter d'y retourner...
🎯Parc Naturel National Tayrona
On a aussi passé une journée dans le parc Tayrona, végétation luxuriante, la mer là-bas au loin, un chemin bien gadoue avec les pluies torrentielles des derniers jours, l'eau de coco et de la noix de coco fraîche 🥥🥥🥥
👁️🗨️ Et on va où après ?
Temps humide annoncé, des terrains impraticables (on avait envisagé de visiter la Guajira mais le passage par voie de terre n'était pas possible), beaucoup de paramètres hypothétiques et les jours qui s'écoulaient aussi vite que nos portefeuilles se vidaient...
On décide donc de reprendre l'avion pour aller jusque Medellin puis enchaîner direct avec un bus pour le petit village de Jardín.
Jardín, c'est un petit village tout tranquille, tout coloré, tout mignon, tout sécur ! avec quelques randos à faire autour, sans devoir prendre des transports.
🎯Le village
🎯Le phénomène : une tâche lumineuse très particulière dans le ciel
🎯Nature environnante et points de vue sympas
🎯Les "piafs" : las gallinas de las rocas
🎯La "cabine de la mort" = le téléphérique, ça ne tient quasi à rien
🎯Us et coutumes
🛺 le tuktuk
🪑sur 2 pieds
Jardín, c'était très beau ! On a profité jusqu'au bout. On repart le 10 janvier matin... Direction...
👁️🗨️Bogotá ! Gaby et Céline reprennent l'avion le soir même pour le vieux continent.
Après quelques coups de stress du transport entre Jardín / Medellin - Medellin / Bogotá... On dépose les sacs au service de gardiennage des sacs et on reprend le bus pour le centre de Bogotá pour visiter le musée de l'or qui a grande réputation et qu'on nous avait recommandé à plusieurs reprises.
Le musée est d'une richesse incroyable, il est énorme, on finit par devoir accélérer le pas si on veut parcourir toutes les salles avant la fermeture.
La journée est bien plus avancée que ce qu'on pensait. On passe tout de même par le quartier de La Candelaria, sur la place très animée du Chorro de Quevedo pour aller goûter una chicha (un alcool à base de maïs fermenté), on a pris la version traditionnelle, c'est assez particulier...
A y est... c'est l'heure de retourner à l'aéroport.... Piouiouiou que c'est dur ce départ ! J’étreins mes sœurs de toutes mes forces pour puiser suffisamment d'énergie pour rester... Je les regarde passer les portes d'embarquement et je file à la recherche de l'Uber qui va me déposer à l'auberge, le cœur un peu trop serrré.
Alors, avec les frangines, on a fait le grand huit en Colombie, on a parcouru une distance de dingue en très peu de temps et de manière très ciblée (et encore, que sur la moitié nord !). C'est que la Colombie, c'est démesurément grand, moi-même, je ne sais pas comment je vais la prendre de façon décélérée...
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Fantastique !! 😀
Merci pour cette belle rétrospective.
C'est un peu long, mais il y avait tellement à raconter ! ...