L'une des meilleures décisions de mon voyage 🧭 Puerto Williams
L'une des meilleures décisions de mon voyage 🧭 Puerto Williams

L'une des meilleures décisions de mon voyage 🧭 Puerto Williams

🎯 Puerto Williams, 54°56′03″S, 67°36′39″O

On arrive en pleine nuit à Puerto Williams. J'avais réservé dans le refuge "El Padrino" qui m'avait été conseillé par des voyageurs comme étant l'hébergement le moins cher. Maeva m'avait précisé de réserver et d'indiquer que je n'avais pas de tente pour qu'on me garde un lit, avec l'arrivée groupée du bateau, c'était préférable. "Te esperamos" fût la réponse au message 😃

Le refuge est quasiment en face de l'embarcadère, royal ! J'arrive la dernière, je m'agite devant la fenêtre pour qu'on vienne m'ouvrir et je suis accueillie par un jeune homme qui me demande si j'ai réservé "oui, oui"... "Ah bon ?" fût sa réponse 🤔 et il continue en ajoutant "on va trouver une solution" puis il repart. Stéphanie, une nana assise sur le canapé toute emmitouflée, me dit qu'il n'y a - en fait - plus de couchage et qu'on lui avait justement proposé de dormir sur le canap'... Finalement, le gars est en train de débarrasser sa chambre pour nous la laisser et prendre le canap'  😳

On saura le lendemain que le gars n'est absolument pas volontaire dans l'auberge mais un barbier de profession, voyageur comme nous... présent dans le refuge depuis plusieurs semaines où il faisait sa dernière nuit avant de poursuivre son voyage pour aller couper des barbes dans d'autres contrées afin de financer sa vadrouille. On saura aussi que Cecilia, la proprio et fille d'El Padrino, ne gère absolument pas l'agenda de l'auberge : elle répond aux sollicitations par : "Te esperamos" à tous les messages et à confiance sur le fait que tout s'auto-gèrera de manière harmonieuse : bienvenue à Puerto Williams ! Pas de stress, pas de précipitations, tout ira toujours pour le mieux !

"Quien se apura en Patagonia, pierde su tiempo..." est la devise locale (Qui est pressé en Patagonie, perds son temps)

🎁 Le séjour à Puerto Williams sera une succession de bonnes surprises, une invitation perpétuelle à rester encore un peu, toujours un peu plus, un état de contemplation permanent. 

L'auberge est des plus conviviales et accueille tous types de personnes : des randonneurs qui visent l'incontournable rando de "Los Dientes Navarinos" (mais pourquoi je ne suis pas équipée 😭 pour partir en rando sur plusieurs jours), une famille de messieurs chiliens arrivée par la barcaza qui visitent pour la première fois la zone la plus australe (et qui vivent leur première expérience d'auberge avec chambres et salles de bain partagés... trop drôle !), des voyageurs qui ne repartent pas, des artistes (surnommés par nous tous "los pintores") contractés par la municipalité pour faire un mural et Cecilia qui n'habite pas là mais pas loin et qui passe tous les jours prendre le petit déj avec ses hôtes et discuter de la pluie et du beau vent !

🦀 Le premier jour, on nous invite à participer au festival le plus austral du monde, j'ai nommé : "La chupa de centolla" : un festival de mise à l'honneur de la soupe de crabe royal. Au programme : distribution gratuite d'une soupe de crabe, remise d'un prix photo, des démonstrations de danse et un petit marché artisanal.

La cueca, version couple d'enfants primé

 

Version adultes primés

 

👟 Je continue mon petit tour dans ces terres australes... 

🥦 En m'arrêtant dans le café-restau vegan le plus austral du monde, j'apprends par hasard qu'une balade à Puerto Toro est proposée gratuitement le lendemain. J'avais bien entendu parler de quelque chose mais je pensais que c'était une sortie pour aller voir des baleines (genre, sortie hors de prix), pas du tout ! La nana du café me précise que c'est normalement sur réservation mais m'invite à aller à l'embarcadère le lendemain à la première heure pour pouvoir y aller si des places sont dispos. 

⛴️ C'est reparti pour un coup de bateau : j'adore !! 🥰

 
 
 
🎯 Puerto Toro, situé sur l'île Navarino au Chili, est le peuplement le plus austral au monde. Fondé en 1892 lors d'une ruée vers l'or, ce petit village de pêcheurs (environ 20-40 habitants) est réputé pour la pêche au crabe royal (centolla) et se trouve au bord du canal Beagle. Il est accessible par la mer depuis Puerto Williams.
Chaque dernier dimanche du mois, quand le temps le permet, un aller / retour est effectué à Puerto Toro et la traversée est ouverte au grand public (places limitées). Dans le chargement emmené à la peuplade : un camion poubelle pour évacuer les déchets, de l'eau et du bois 🧐. 📅 Pile poil la bonne date !
 

 

🚸 Puerto Toro a sa propre école : 1 prof (hyper motivé !), 2 élèves !!!!

 

Et puis, c'est le retour. Les habitants sont sur le berge pour saluer le départ de l'embarcadère par des signes de la main. Le prochain bateau arrivera dans 1 mois - si le temps le permet -, dingue ! 🤪 On laisse le Cap Horn dernière nous.

 

🎯 Cecilia, qui a cœur d'occuper ses hôtes (puis elle a dû voir que j'ai regardé les randonneurs partir à Los Dientes Navarinos avec un pincement...), me suggère d'aller avec le transport public à Puerto Navarino. Là où je pensais marcher un peu dans les environs, en fait, je fais l'aller / retour avec le transport public puisque c'est l'unique voyage par jour et que la seule pause est celle du papotage entre le gardien du phare (qui habite seul avec sa famille) et le chauffeur... Un vrai décor de BD !

La route est très belle !

🎨 Quand je rentre, les artistes sont en train de faire un graff à El Padrino, une belle soirée papote en bossant (pour eux, avec los Brunos et Manolo, on était plutôt en mode inspection des travaux finis 😅)

🥾 Une nouvelle journée à Puerto Williams, j'ai prévu d'aller jusqu'au Cerro de la Bandera. Nous sommes plusieurs à y aller : la famille des 3 messieurs chiliens et moi. Cecilia nous propose de nous emmener au point de départ de la rando : ok. Je lâche assez vite ces messieurs pour aller à mon rythme. Très beau sentier qui passe en forêt avec quelques points de vue de toute beauté.

Quand je redescends, les messieurs sont encore en pleine montée ! 

Je repasse tranquillement par le village avant de rentrer.

🥾 Le lendemain, je me tape élégamment l'incruste dans le transport de la famille des messieurs chiliens : los Brunos (Bruno père et Bruno fils) et Manolo, leur ami. Ils ont prévu d'aller à une cascade - que j'avais repéré aussi - et ils ont fait connaissance sur le bateau d'un habitant de Puerto Williams qui les emmène jusqu'au départ. De mon côté, je pensais tout faire à pied mais j'ai une baisse de motivation phénoménale... C'est ça ou je risque de ne pas sortir... Je leur demande si je peux monter avec eux et je redescendrai par mes propres moyens. Ça ne pose aucun problème et la sortie risque même d'être plus drôle que prévu !

Finalement, je commence à marcher avec eux et je reste. Ils n'ont pas froid aux yeux !

Ils ramassent une quantité de fou de "digüeñe", une espèce de champignons locale pour le repas du soir.

On redescend beaucoup plus vite que prévu. Le chauffeur doit revenir nous chercher plus tard. On décide d'un commun accord de commencer à rentrer par la route pour intercepter notre chauffeur en chemin...

Ça, c'était avant que le chauffeur passe devant Bruno fils sans le reconnaître, nous autres, on était partis voir un batterie militaire et Bruno faisait le guet... Il a reconnu la voiture, il a fait signe, le chauffeur a fait signe également - bien poli que les chiliens sont - et il a tracé sa route ! La route n'était pas très passante... forcément... sur une île du bout du monde avec un gros village pour ville principale et la nature pour environnement principal... Ils ont commencé à arrêter tous les véhicules pour prévenir notre chauffeur mais personne n'allait si loin ! Ils ont finalement appelé le beau-frère pour qu'il le prévienne, le beau-frère est venu direct nous chercher et on a été le prévenir en voiture... On l'a croisé en chemin (faut dire que ça commençait à faire long), il faisait une tête !!! puis il a fini par rire quand Bruno lui a expliqué qu'il lui avait fait signe et qu'il avait répondu sans s'arrêter.

Le beau-frère nous a gardé avec lui, il a commencé à faire un grand détour en voiture pour nous montrer des vestiges militaires de la quasi guerre entre Chili et Argentine à la fin des années 70' à propos d'îles sur le Canal de Beagle.

⛵ J'ai passé une belle journée avec les messieurs. Je me refais un tour à Puerto Williams pour ma dernière journée.

🥗 Au soir, c'est repas partagé à l'auberge ! Cecilia fait le sapin et quelques randonneurs sont rentrés dont Stéphanie que je bombarde de questions.

La plupart reparte le lendemain dont moi. Puerto Williams fait partie des destinations que j'ai eu le plus de difficulté à quitter, beaucoup d'émotions... Cecilia m'a dit que la prochaine fois je resterai un mois complet ! 🥰

Aller jusqu'à Puerto Williams a été sans contexte l'une de mes meilleures décisions prises pendant mon voyage 💫

 

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