J'avais eu vent d'une rando du côté de Sucre, possible à faire en autonomie. Je prends les infos sur les bus locaux, l'itinéraire et je laisse mon sac à l'auberge pour deux jours pour aller au cratère de Maragua.
Je monte dans le collectif en précisant que je vais jusqu'à Chataquilla où on récupère le chemin de l'Inca qui démarre la rando. Jusqu'à là tout va bien, on m'attribue une place dans le fond du van dans un état avancé d'usure, absolument pas confortable mais je ne m'attendais pas à beaucoup plus.
Chataquilla, je pensais que c'était un petit village où quelques personnes s'arrêtaient. Je consulte de temps MapsMe pour voir où on en est, c'est long, idem, je ne m'attendais pas à autre chose... La route continue. On passe un col / mirador avec une croix, puis on entame une descente interminable en lacets sur un chemin de poussière, je reconsulte MapsMe et je me rends compte qu'on a passé mon point de départ. Je demande aux jeunes à côté moi si on a passé Chataquilla, un peu catastrophé, j'suis crevée... ils m'indiquent qu'en effet, on l'a passé depuis un moment, c'était le fameux mirador au milieu de rien... pas du tout un village. Je peste, je me demande comment faire en maugréant, aucun véhicule qui remonte, le stop me paraît une option bien difficile dans ce paysage aride sans habitation. En consultant la carte et après validation des deux jeunes, ils me confirment que je peux récupérer un sentier plus bas pour aller à Maragua à pied... ça leur semble absolument loufoque mais si c'est ce que je veux... Ils beuglent au chauffeur de s'arrêter "parada", surprise de tous... la moitié du van doit sortir pour que je puisse descendre à mon tour... on me dévisage comme une bête de foire... je m'engage sur un sentier sans me retourner, j'suis complètement énervée, faut que je marche pour faire descendre le coup de stress.
Cette rando n'est apparemment pas très fréquentée, je ne croise personne et le peu d'habitations que je croise sont abandonnées depuis bien longtemps... juste des vestiges...
Je continue à m'orienter avec MapsMe, je tique un peu quand je vois l'état du pont suspendu que je suis supposée traverser... trop long de prendre une autre route, la rivière trop encaissée, je continue par le pont mais je n'en mène pas large et je trace... si ça pète, personne ne le saura avant un moment...
Je coupe un peu à travers tout pour rejoindre le mirador de Maragua, j'y suis bien tôt... forcément, il y a toute une partie de rando que je n'ai pas faite...🤐
Ça souffle un max là-haut mais la vue est bien sympa. J'adore la forme de ces montagnes qui ondulent 🤩
Maragua se situe dans un cratère qui n'est pas volcanique. La légende dit que ce serait une météorite qui se serait écrasée là et qui aurait donné ces formes si particulières.
Comme j'ai un peu de marge avant le coucher du soleil, je passe par le site dit "Garganta del Diablo" [gorge du diable] dans le village.
Et je rejoins l'hébergement que j'avais réservé en demi-pension. Je pensais dormir chez l'habitant mais finalement, la famille avait aménagé une grande pièce qui faisait office de dortoir et de pièce commune pour les marcheurs. Le repas était simple mais efficace. J'étais seule, ça m'aurait bien plu ce soir-là d'être dans le partage.
Je me réveille aux aurores pour partir au plus tôt, il faut absolument que je choppe le bus à midi à Potolo pour rentrer à Sucre.
Je prends bien du plaisir à marcher de bon matin. Cette fois, je croise quelques âmes locales mais il n'y a toujours pas foule. Une gamine m'interpelle pour que je lui achète un bracelet, je lui demande les prix, il en a quelques uns bien jolis typiques des tisserands jalq'as du coin, vraiment pas chers, mais je n'ai pas pu m'empêcher de négocier, elle me l'a vendu pour moitié prix 🙃
Je passe par des empreintes de dinosaures, un avant-goût de la suite de mon voyage 🤩
Et je me délecte de toutes les nuances de couleurs que la montagne dégage.
J'arrive à Potolo à temps...
Jusqu'à ce qu'un petit vieux me mette le doute.
Il me dit que je vais devoir rester là cette nuit parce qu'il n'y pas de collectif aujourd'hui à cause de la fête dans le village d'à côté. Je questionne autour de moi pour avoir les différents sons de 🔔, il y a quand même plusieurs personnes qui prétendent aller jusqu'à Sucre. le jour même.. J'attends... pas du tout envie de rester là et de reporter la suite de mon voyage d'une journée... La dame qui vend des "refrescos" à l'ombre d'un arbre, sur le bord de la route se prend d'amitié pour moi et me propose de passer la nuit chez elle, je crois que je lui inspire un sentiment de liberté. Ce à quoi je lui réponds que je l'envisagerai si je n'arrive pas à repartir à Sucre mais pour le moment, je ne suis pas la seule à attendre.
Après 2h d'attente, un collectif (un p'tit van d'une quinzaine de places) arrive finalement, tout le monde joue des coudes pour entrer et me passer devant (m'énerfff 🤬). C'est archi plein, il y a autant de monde debout qu'assis et moi je suis toujours à l'extérieur. Je demande au chauffeur si ça le dérange si je monte et que je reste au niveau de la marche pour entrer dans le véhicule, collée à la porte coulissante > si ça me va, pas de problème pour lui.
J'ai pris vraiment beaucoup de transports collectifs mais je pense que celui-là a obtenu la 1ère place du transport blindé super inconfortable. J'ai voyagé plus de 2h debout coincée entre une portière, des tas de gens, les sièges, une dame avec son bébé sur les genoux, un gars avec sa béquille à l'ancienne qui dépassait devant mon visage, la chaleur, je n'avais même pas la place de mettre mes pieds dans l'axe de mes jambes (et je ne fais que du 38), dans des chemins de poussière, en lacets dans la montagne, où t'es obligée de te tenir comme tu peux pour ne pas écraser le bébé (qui dort paisiblement au milieu de la cohue)... Interminable... Ça m'a vaguement traversée l'esprit de demander de descendre mais je serai restée au milieu de rien sur une route quasi pas fréquentée.
Quelle bonheur quand les premiers ont commencé à sortir à l'entrée de Sucre 😮💨 Le chauffeur m'a demandée, avec un sourire, si ça a été.... Je lui ai répondu que j'étais contente d'être arrivée... Je vais pouvoir prendre un bus de nuit pour poursuivre ma route... Ma vie de voyageuse...
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Quelle aventure, les meilleurs souvenirs ! 😉
Ah ben dis donc, ça se méritait cette rando ! Le coup du pont, j'aurais eu peur aussi !! Mais c'est bien joli, ça m'a fait pensé au Valle Arcoiris, toutes ces couleurs de la montagne... Bisou !
(PS : contente de retrouver tes articles !!)
Très beaux paysages désertiques rosés.
Le bus blindé, je vois bien au Cap Vert. Là, je n'imagine même pas voyager comme ça. Je serai allée chez la vieille qui m'offrait l'hospitalité 😅