🏔️ Je tente un 6000 : le Huayna Potosi
🏔️ Je tente un 6000 : le Huayna Potosi

🏔️ Je tente un 6000 : le Huayna Potosi

🎯 Le Huayana Potosi, 6088 m, tout le monde en parle à La Paz. J'ai voulu tenter sur 2 jours même si la liste des équipements fournie me faisait un peu peur (beaucoup le font sur 3 jours avec un stop d'acclimatation dans un premier camp de base avant d'aller au camp de base d'altitude, j'ai estimé que j'étais acclimatée).

J'avais eu par Guillaume les coordonnées de Santos, un guide indépendant, je préfère passer en direct. Sachant que c'est 1 guide pour 2, mon compagnon de cordée était Diego, un sympathique équatorien, avec qui je me suis tout de suite bien entendue.

La route est bien belle pour arriver au premier camp de base, la montagne est impressionnante... Santos nous donne l'équipement qu'on arnache au sac et on démarre la montée jusqu'au camp d'altitude.

C'est un peu couvert mais la motivation est toujours au beau fixe, on est en bonne forme avec Diego et puis ça a tendance à se découvrir un peu en montant. Santos est un peu un sherpa local...

Au camp de base d'altitude (4800 m), il y a déjà du monde. Certains sont bien malades, ça me fait mal au cœur pour eux. Moi, je suis super excitée alors quand on m'invite à aller me coucher à 19h après le dîner servi à 18h, je n'ai vraiment pas envie. Le truc, c'est qu'on doit se lever à Minuit / 1h du mat pour commencer l'ascension... J'arrive à traîner encore une heure à coup de maté (= infusion, ce qui n'est absolument pas le bon plan si je n'ai pas envie d'aller aux toilettes en extérieur en pleine nuit glaciale > PCT quand tu nous tiens) et je me résous à aller m'enfiler toute habillée dans le duvet.

Je dort mal et peu et quand l'heure du réveil est annoncée (c'est que personne ne s'est vraiment réveillé dans le dortoir unique, du coup, on était tous à labour), ça pique ! Chacun s'équipe de l'attirail du bonhomme michelin : épaisse doudoune, bottes en plastique, piolet, crampons, casque, frontale, gants, bonnet... et on s'encorde à 3...

Le démarrage se passe bien, on avance bien. Le hic, c'est qu'on est partis les derniers et beaucoup plus tard que prévu. La montagne est piquetée de lumières dues aux frontales qui grimpent... C'est haut !

Ce n'est quand même pas évident d'avancer dans la neige avec les crampons dans des bottes inconfortables, le poids de l'équipement, l'effort de la montée et l’attitude qui augmente. Passés les 5500 / 5600, ça commence à tirer pour moi : je commence à puiser un peu plus dans mes ressources physiques et mentales mais je sens aussi que je commence à fatiguer. Diego, idem, il peine. Au plus on avance, au plus il demande à s'arrêter souvent pour reprendre son souffle qu'il a des difficultés à aller chercher. Santos nous demande régulièrement comment ça va... Je n’hésite pas à lui dire que je fatigue, si j'ai un coup de moins bien qu'il puisse intervenir rapidement. Santos ne présente quant à lui aucun signe de faiblesse, il gère son administratif à chaque fois qu'il a du réseau !

Arrivés quasi à 5900, Santos nous alerte sur le fait qu'on va entamer les derniers 200m d'ascension qui sont les plus difficiles, il nous demande si nous sommes capables de continuer sachant qu'il faudra redescendre et qu'il ne faudra pas trainer sur la montée. Après échanges de cordée, on décide (m'enfin, je décide parce que Diego m'invite à prendre la décision) de redescendre : je nous sens déjà trop fatigués pour grimper encore 200m qui demandent particulièrement d'efforts et je trouve Diego trop fébrile niveau respiratoire ; et d'ajouter "si on s'arrête là, je suis déjà super satisfaite, je ne suis jamais montée si haut !". On récupère un gars d'une autre cordée qui souhaite aussi repartir à ce niveau et on redescend à 4.

Rapidement, je retrouve forme et en aisance respiratoire. Le soleil se lève sur cette immensité blanche et fait jouer les contrastes sur les énormes crevasses de ce glacier (qui fond et diminue lui aussi) pour laisser apparaître enfin ce paysage qu'on piétine depuis plusieurs heures... 

 

On repasse par le camp d'altitude, je me débarrasse avec bonheur de cet équipement inconfortable (j'ai quand même fait toute la rando avec le casque de coin, j'avais bien vu que ça en énervait certains, je n'avais pas capté à quel point c'était de travers 🤪). On se boit une petite soupe et on redescend pour le retour à La Paz.

Ma petite note sombre, c'est que toute satisfaite de moi-même que j'étais, j'ai été ébranlée inconsciemment par la grosse déception de Diego de ne pas avoir atteint le sommet. Il a commencé à chercher des explications et des excuses de ne pas être arrivé au point culminant : Santos est un mauvais guide, il ne nous a pas emmenés en haut / on est partis trop vite / on est partis trop tard / on n'a pas assez bus / Santos ne nous a pas fait boire / etc... J'ai essayé de contre-argumenter à toutes ces répliques mais j'ai senti la déception du non-accompli s'insinuer en moi tout doucement 😔

 

Bon...

Retour à La Paz où je reste encore quelques jours pour rien (ma rando à El Choro annulée) avant de partir à Tupiza, plein sud ! avec la soute pleine de feuilles de coca, c'est peut-être ça que j'aurais dû prendre pour grimper !

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3 commentaires

  1. Gaby
    Gaby

    C'est complètement dingue de faire une ascension pareil. Avec un équipement qui me semblait un peu minimaliste 🤔. Enfin, c'est un point de vue de qqun qui n'y connaît rien 😅. Mais ça m'a quand même semblé un peu dangereux, cette expédition...

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